• Thierry Mazin

[Replay Wébinaire] Et si le numérique révolutionnait le transport des usagers en santé ?

Dernière mise à jour : 26 janv.

Faute d'évolution budgétaire depuis les année 80, les ESMS ne peuvent plus assurer une présence suffisante d'accompagnateurs, les temps de transport sont devenus trop longs et les véhicules sont parfois inadaptés. Pour pallier ces phénomènes, un certain nombre d'initiatives sont prises pour optimiser ou changer les pratiques, dont la numérisation des systèmes de santé. Et si le numérique révolutionnait aussi le transport des usagers en santé ?



Intervenants Health MeetUp #2

Des insatisfactions globales


Il y a des insatisfactions pour 3 types d'acteurs :

  • Les organismes gestionnaires en tant que personne morale pour des questions de gestion, de budget et financières

  • Les professionnels qui sont en charge de l'organisation du transport. Aujourd'hui, cette organisation est extrêmement chronophage et il est très difficile de prendre en compte tous les paramètres de qualité et de sécurité. Il n'existe pas d'outils pour simplifier leur travail.

  • Les usagers : des trajets trop longs, des attentes interminables et un manque de transparence (Quand est-ce que mon véhicule va arriver ?). Aujourd’hui il y a au moins 3 types de demande

  • "Je veux que ma situation particulière soit prise en compte"

  • "Je veux pouvoir agir, je veux avoir un pouvoir de décision". Jusque là, on était dans une logique de prise en charge : "vous avez une place", "on vous transporte", "on sait ce qui est bon pour vous".

  • "Je veux être informé et être informé régulièrement."

L’expérience commune qui est parfois relatée c’est grelotter dans le froid en plein hiver en attendant un hypothétique mini-bus qui va passer.

Il faut pouvoir répondre à toutes ces problématiques de manière multilatérale. Il ne faut pas dégrader la qualité du service au motif des économies réalisées. Il s'agit, pour chaque ESMS, d'évaluer et de jauger ce qui est le plus important pour eux. Nomad leur permet justement de trouver le meilleur compromis parmi tous ces paramètres sans dégrader la qualité du service des usagers.


Un manque de présence de l'Etat


Le secteur médico-social est un secteur où l’État n’intervient pas directement, où rien n’est centralisé. C’est un secteur qui est extrêmement atomisé et un secteur dans lequel l’initiative est une initiative privée d’organismes gestionnaires qui, dans le cas des personnes en situation de handicap, sont le plus souvent des associations loi 1901 sans but lucratif mais qui sont en très grand nombre.


Il y a 3 600 organismes gestionnaires aujourd'hui en France représentant 46 000 ESMS. Chaque organisme gestionnaire et au final chaque établissement est chargé de gérer cette question. Jusqu’au milieu des années 1980, l’organisation du transport était prise en charge par les départements. Elle est désormais à la charge des établissements mais sur la base de règles budgétaires qui n’ont pas évolué depuis et représente un poste extrêmement important (le deuxième poste de charges d’une structure après les salaires).


De plus, au sein d’une même association, il peut avoir 10 structures qui fonctionnent complètement différemment pour les transports : qui font soit appel à un seul transporteur, soit appel à une myriade de transporteurs différents, parfois l’établissement juste à côté va faire appel à une part de transport gérée en interne et une part de transport gérée en externe.


Le médico social se différencie du sanitaire de part des transports qui sont collectifs et non pas individuels mais aussi car les accompagnements sont de plus en plus personnalisés. Il y a également eu une évolution dans la prise en charge. Au milieu des années 1980, il s’agissait de prendre en charge des enfants, des adolescents ou des adultes qui venaient à la semaine dans un établissement. Aujourd’hui le transport médico-social s'est intensifié, c’est tous les jours, voire plusieurs fois par jour et sans que l'État n'ait revu à la hausse les budgets des ESMS.


Le numérique, un véritable enjeu


Le numérique est devenu un sujet que très récemment. L'État s’est emparé de la question par l’intermédiaire de la loi Ma Santé 2022 qui a parmi ses chantiers prioritaires, le numérique. C'est dans ce contexte là, qu'a été mis en place en avril 2019 la feuille de route "Accélérer le virage numérique en santé". Parmi les 31 actions de cette feuille de route, il y en a l’action 21, qui s’intitule « Plan ESMS numérique ». Au travers de ce plan, et sur une période de 5 ans, il s’agit de doter toutes les structures d’un Système d’Information (SI) moderne.


L’ANAP estime que sur les 36 000 ESMS, seulement près de 600 aujourd’hui disposent d’un SI moderne et correctement géré. Sur le secteur de la santé de manière globale, le sanitaire est beaucoup plus en avance que le médico-social. Dans le secteur médico-social, le secteur personnes âgées, et particulièrement le secteur privé commercial (EHPAD) sont largement plus dotés de SI. Il y a un véritable écart c’est tout l’enjeu de ce programme ESMS numérique.

L’objectif c’est que d’ici 5 ans, 90% des ESMS disposent d’un SI moderne et d’un dossier de l’usager informatisé au sein duquel la dimension transport est un élément, puisque dans ce dossier de l’usager informatisé il y a un module qui est consacré à tous ces aspects logistiques.


Des résultats concrets


Les premiers retours que l’on a c’est un des points sur laquelle la solution apporte quelque chose d’extrêmement précieux c’est la rapidité dès qu’il y a des changements qui doivent être opérés car il des incompatibilités de personnes qui surgissent en fonction des types de handicap, des personnes qui ne peuvent pas être transportées ensemble.


L’équipe de Nomad a énormément travaillé pendant l’été dernier sur l’intégration de caractéristiques supplémentaires liées à la spécificité du transport dans le secteur médico-social et aux besoins des usagers. On peut donc prévoir en amont et en aval, si un élément apparaît après l’optimisation, tous les problèmes de mixité des usagers. C’est un gage extrêmement important de bon accompagnement sur la journée pour ces personnes-là, au-delà du confort pendant le transport.


On parle d’amélioration de la qualité du transport et du quotidien des usagers et de leur famille mais également une amélioration de la qualité de vie au travail pour les chauffeurs et les professionnels.


Les véritables apports de la solution Nomad sont dans la clarification, le gain en transparence et dans la formalisation de ce qui existe, ce qui n’est pas si évident de ça vu la complexité que représente l’organisation du transport des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, les ESMS peuvent utiliser Nomad afin de mieux définir les besoins de transport. C’est un enjeu pour les usagers et pour eux.